samedi 12 septembre 2015

Mes cordes et vous

Elles reposent lovées sur elles-mêmes, à coté de vous qui attendez à genoux sur le tatami. Elles vous observent tout autant que vous vous imprégnez de leur odeur, de leur couleur. Elles scrutent votre silhouette cherchant les plus beaux sentiers de votre corps, bientôt elles viendront les défricher, vous dévoilant d'une façon que vous ne pouvez imaginer, vous libérant dans un espace-temps qui vous est encore inconnu.

Elles veulent lier vos émotions dans leur confort, emprisonner votre corps dans leur inconfort, échauffer votre peau, creuser votre chair et graver leurs marques. Ressentez leur emprise quand elles se tendent, leurs vibrations se propager en vous. Elles vous réclament, offrez leur votre abandon.

Elles nous invitent à un autre langage, nous forcent à inventer nos mots et à écrire un conte éphémère le temps d'une danse tous les trois. Elles sont les lignes sur lesquelles poser nos plumes, elles sont l'encre de cette histoire irréelle mais si vivante, enfouie au plus profond de nous.

Elles se courbent, se plient et se faufilent partout. Elles construisent et détiennent, en vous faisant frémir, encore et encore, jusqu'à ce que vous appeliez à une douce délivrance. Les nœuds sont lentement défaits, elles glissent sur votre peau tel un souffle d'air, et alors que votre corps recouvre sa liberté, vous perdez celle dans laquelle elles vous avaient liée. La tension s'est relâchée, et les cordes difformes au sol ne sont plus rien sans vous à modeler; nue vous rêvez de leurs prochaines caresses...





2 commentaires:

  1. Merveilleuse écrit :-) Et c'est tout à fait ça

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  2. "les cordes difformes au sol ne sont plus rien sans vous à modeler", le mot d'ordre de toute relation DS

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